T4deliriousny’s Blog – Groupe12


La Tour est-elle un monument ?

A propos de l’extrait La Tour Eiffel publié par R. Barthes chez Delpire Editeur, 1964. Le chapitre « automunument » de NYD (p. 100) avance l’idée que la Tour s’impose comme monument alors qu’elle n’est l’image que d’elle-même. Le texte de R. Barthes va nous aider à approfondir la question du symbole et du caractère monumental de la Tour.


En effet, la Tour est un acte de rupture très violent avec les conventions symboliques. Dômes, clochers, arcs renvoient à un sacré historique. Avec la Tour Eiffel c’est la désacralisation du temps passé qui est en jeu. La Tour, profane, devient le symbole de la modernité, le symbole du présent qui dit non au passé.


La Tour représente le symbole de l’ascension ; l’idée de la hauteur en soi. Elle est la conjugaison d’un concept et d’une sensation (respiration, grand air). L’image de la hauteur rencontre l’image de l’aérien. Le rapprochement du ciel convoque l’image du sublime.


L’aérien, pour la Tour Eiffel, a pour substance la légèreté. Le vide de son maillage d’acier et son rapport au sol, comme posée sur un socle, échange avec l’imaginaire de l’aérien.

La Tour Eiffel est pour Barthes avant tout un spectacle infini. Elle forme un signe pur. Elle n’est pas l’objet d’un seul symbole, d’un seul sens mais est le support d’un imaginaire infini. Cette dernière idée rejoint la pensée de Koolhaas au sujet des gratte-ciels. « Cette catégorie de monuments (les gratte-ciels) est vide et ouverte à toutes significations » (p.100)

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Roland Barthes et la Tour Eiffel: signe pur; elle est ce que l’Homme veut mettre en elle.

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