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La hauteur, un fantasme ancestral : la Tour de Babel

Bien que le gigantisme architectural s’inscrive dans les quatre premières décennies du XXe siècle (dont le gratte-ciel fait partie), la question de la hauteur semble nous fasciner depuis des siècles.

 

Pourquoi vouloir construire encore plus haut ? Quelle est l’origine de la Tour ?

 

Si l’on en croit la légende de la Tour de Babel, ce fantasme de construire toujours plus haut perdure. Dans La tour de Babel, Jacques Vicari s’interroge sur l’origine de cette Tour. Aucuns documents prouvent clairement ce que l’homme pu bâtir environ deux milles ans avant Jésus Christ. Cependant, il resterait à Babylone une trace de son existence : le négatif imprimé au sol.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous parle l’origine de la Tour en trois parties : sa forme, sa fonction et le mythe qui l’accompagne. L’auteur retrace son histoire, et voici quelques hypothèses :

 

La forme :

Quelques exemples de représentations antiques des tours

représentations antiques de Tours

représentations antiques de Tours

 

La fonction (origines):

           Les Babyloniens ont une représentation particulière du monde. L’axe mundi traverse un point culminant. La mer et la terre est une limite peu épaisse entre deux mondes : les cieux et les enfers. Naturellement, les Hommes craignent le monde du dessous et cherchent à approcher celui des cieux.

           Selon le paléoethnologue Emmanuel Anati, un personnage tel qu’un esprit ancestral serait commun à toutes les cultures (de l’extrême orient à l’extrême occident) : il est capable de faire renaitre la vie après un cataclysme : un déluge, un hiver interminable…  Par exemple, l’histoire de Noé qui s’échoue au sommet de Mont Ararat : loin de la catastrophe symboliquement également. Les Hommes sont en quête de l’éternité et entretiennent la mémoire du déluge. Se placer en hauteur par rapport au déluge a donc permis à l’espèce humaine de survivre au déluge, provoqué par Dieu, père tout puissant (cf. la Bible).

           Le Temple est une montagne symbolique, il est un instrument de penser de transfiguration. « Du IXe jusqu’au XVe siècle, quand l’Islam établit sa prééminence, les pèlerins ont fait successivement le tour, dans le ses des aiguilles d’une montre, des cinq terrasses carrées surmontées de trois terrasses circulaires avant d’arriver au sommet. Ils partaient de la sphère des désirs pour arriver, en méditant et chantant, à la sphère du détachement enfin libérés du cycle sans fin des renaissances successives. » La hauteur exprime une ascension vers la libération de l’esprit, un état supérieur par un franchissement graduel. Parfois même, le sommet s’opère par concentration du regard sur un dessin où une image mentale. La tour permettrait donc l’ascension rituelle de l’esprit.

La fonction de la Tour reste très controversée : observatoire ? Tombeau ? Demeure des Dieux ?

représentation babylonienne du monde

représentation babylonienne du monde

 

Le mythe :

La Tour de Babel selon la bible, est une tour construite par les Hommes pour atteindre les cieux. Ces Hommes parlaient tous la même langue, car descendant d’un même homme : Noé. Cependant, Dieu n’approuvait pas leur orgueil et décida de faire en sorte que tous les hommes ne se comprennent plus. La Tour ne fût pas achevée, car ils ne se comprenaient plus.

«  L’une des thèses d’après Babel est que le langage est doué d’une capacité de conceptualiser le monde de cette puissance constructrice a été décisive pour la survie de l’Homme face à des contraintes biologiques inéluctables, c’est-à-dire face à la mort. C’est la miraculeuse (ce mot ne me fait pas peur) capacité des grammaires à engendrer des propositions contrefactuelles « et si… » et surtout des temps futurs qui a donné à notre espèce les moyens d’espérer, d’aller au-delà de l’extinction de l’espèce. Nous durons, nous durons créativement en raison de notre impérative capacité de dire « non à la réalité », de bâtir des fictions d’altérité, d’un « autre » rêvé, voulu ou attendu où puisse habiter notre conscience. C’est en ce sens précis que l’utopique et le messianique sont des figures syntaxiques. »

Dans ce cas, la forme de la tour assure une nouvelle fonction, celle de visualiser un mythe : celui d’une volonté de s’approcher de Dieu, d’atteindre le ciel.

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L’origine de la Tour remonte bien avant la naissance de Jésus Christ. Elle assure une fonction originelle et une fonction rituelle.

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