T4deliriousny’s Blog – Groupe12


La Tour est-elle un monument ?

A propos de l’extrait La Tour Eiffel publié par R. Barthes chez Delpire Editeur, 1964. Le chapitre « automunument » de NYD (p. 100) avance l’idée que la Tour s’impose comme monument alors qu’elle n’est l’image que d’elle-même. Le texte de R. Barthes va nous aider à approfondir la question du symbole et du caractère monumental de la Tour.


En effet, la Tour est un acte de rupture très violent avec les conventions symboliques. Dômes, clochers, arcs renvoient à un sacré historique. Avec la Tour Eiffel c’est la désacralisation du temps passé qui est en jeu. La Tour, profane, devient le symbole de la modernité, le symbole du présent qui dit non au passé.


La Tour représente le symbole de l’ascension ; l’idée de la hauteur en soi. Elle est la conjugaison d’un concept et d’une sensation (respiration, grand air). L’image de la hauteur rencontre l’image de l’aérien. Le rapprochement du ciel convoque l’image du sublime.


L’aérien, pour la Tour Eiffel, a pour substance la légèreté. Le vide de son maillage d’acier et son rapport au sol, comme posée sur un socle, échange avec l’imaginaire de l’aérien.

La Tour Eiffel est pour Barthes avant tout un spectacle infini. Elle forme un signe pur. Elle n’est pas l’objet d’un seul symbole, d’un seul sens mais est le support d’un imaginaire infini. Cette dernière idée rejoint la pensée de Koolhaas au sujet des gratte-ciels. « Cette catégorie de monuments (les gratte-ciels) est vide et ouverte à toutes significations » (p.100)

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Roland Barthes et la Tour Eiffel: signe pur; elle est ce que l’Homme veut mettre en elle.



Le phare d’alexandrie

Maarten van Heemskerck, XVIeme siecle

Maarten van Heemskerck, XVIeme siecle

Le phare d’Alexandrie, en plus d’être le premier, est le plus symbolique des phares de l’antiquité. Ainsi le mot phare (de l’île de Pharos sur laquelle se situe le phare, du latin pharus) est utilisé pour désigner communément ce type d’édifice.

Tout d’abord, en regardant des images de reconstitution du phare, ce qui frappe c’est sa ressemblance avec les formes des « building » new-yorkais. Bien que le bâtiment eut été détruit par un tremblement de terre en 1303, on sait avec certitude qu’il était composé d’une base carrée légèrement pyramidale, suivi d’une colonne octogonale et surmonté enfin d’une petite tour ronde distale érigeant une statue. L’édifice atteignant ainsi une hauteur d’environ 135 mètres. Cette base carré de 71 mètres était composé de pièces servant d’habitation au personnel chargé de l’entretien du phare ou d’entrepôt de combustible. Elles étaient aménagées tout autour d’une rampe intérieure assez large pour livrer passage aux bêtes de somme chargées d’acheminer le combustible. Ainsi il s’agit du plus grand bâtiment habitable de l’antiquité.

Le but premier du phare fut évidemment de protéger et guider les marins vers la ville d’Alexandrie, en évitant les cotes dangereuses. Ainsi visible de très loin de la mer, mais aussi de la terre, étant très plate dans cette région, son rayon se distinguait a plus de 50 kilomètres à la ronde. Selon Jean-Yves Empereur, qui dirige les fouille terrestre et sous-marine du phare, il s’agirait aussi d’une oeuvre de propagande. Ainsi la ville tout entière a été construite de façon démesurée et le phare devait en être le symbole.

Peut-on donc rapprocher Alexandrie de New York, villes de mélange culturel et social et de l’excès architectural?



« Le plus haut immeuble mixte jamais construit en Europe »

A propos de la double tour mixte Hermitage Plaza, de l’architecte Norman Foster

A l’occasion du Marché international des professionnels de l’immobilier, le nouveau projet de Norman Foster (bien connu pour avoir construit le Viaduc de Millau) a été dévoilé.

Il s’agit d’un complexe composé de deux tours : la première haute de 91 étages accueillera un hôtel cinq étoiles, un centre de Thalassothérapie et des appartements ;  le seconde, haute de 93 étages, des bureaux et, également, des appartements. Les deux tours s’élèveront au-dessus d’un vaste socle aménagé en place publique, bordé de boutiques, de restaurants et de café, ainsi que des équipements culturels. Sa livraison st prévue pour fin 2014.

La double tour mixte Hermitage plaza, de l'architecte Norman FosterLa double tour mixte Hermitage Plaza, de l’architecte Norman Foster

Patrick Devedjian, directeur de l’Epad (Etablissement public d’aménagement de La Défense) a tenu à remercier l’architecte « d’avoir eu l’élégance d’arrêter ses tours à trois cent vingt trois mètre de hauteur,  soit un mètre en dessous de la tour Eiffel »



Le gratte ciel en tant que représentation sociale

A propos du film Métropolis de Fritz Lang, parut en Allemagne en 1927

En 2026, l’industriel Joh Fredersen dirige une gigantesque mégalopole divisée en deux : la ville haute, où vivent les familles dirigeantes, dans l’oisiveté, le luxe et le divertissement ; et la ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville.
Cependant certaines personnes, telles que Maria, une femme de la ville basse, ou encore Freder Fredersen, fils du dirigent de Métropolis, tentent de promouvoir l’entente entre les classes.
Cette lutte pour une meilleure égalité les amène successivement dans les Jardins Eternelles de la ville du haut, puis dans les catacombes. En quoi l’architecture de Métropolis joue-t-elle un rôle prépondérant dans le déroulement de l’histoire ?

Métropolis fait référence à l’histoire de la Tour de Babel : que se soit par la tour appelée « Nouvelle Tour de Babel », ou encore par l’histoire de la jeune Maria, qui apporte l’espoir aux ouvriers. Cela nous amène donc à nous poser des questions telles que: « Métropolis tombera-t-elle comme la tour de Babel? Subira-t-elle le même sort? », et par la même à remettre en cause ce fantasme de la hauteur, qui traduit la vanité de l’homme de vouloir démontrer toujours plus de puissance.

De plus la création de l’androïde à l’intelligence artificielle, qui échappe ensuite à son créateur, fait référence à « la question de l’accident » où chaque innovation technique à pour conséquence la création de nouveaux accidents et de nouveaux risque pour la société.

Image tirée du film de de Métropolis

Image tirée du film de de Métropolis