T4deliriousny’s Blog – Groupe12


Des Tours pour le Grand Paris

A propos du réaménagement du Port de Gennevilliers

Jean Nouvel, dans son projet du Grand Paris, réaménage le Port de Gennevilliers en quartier d’affaires. Il propose de construir, non pas une tour, mais tout un chapelet, qui entoure le port.

Chapelet de tours, entourant le Port de Gennevilliers

Chapelet de tours, entourant le Port de Gennevilliers

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« Le plus haut immeuble mixte jamais construit en Europe »

A propos de la double tour mixte Hermitage Plaza, de l’architecte Norman Foster

A l’occasion du Marché international des professionnels de l’immobilier, le nouveau projet de Norman Foster (bien connu pour avoir construit le Viaduc de Millau) a été dévoilé.

Il s’agit d’un complexe composé de deux tours : la première haute de 91 étages accueillera un hôtel cinq étoiles, un centre de Thalassothérapie et des appartements ;  le seconde, haute de 93 étages, des bureaux et, également, des appartements. Les deux tours s’élèveront au-dessus d’un vaste socle aménagé en place publique, bordé de boutiques, de restaurants et de café, ainsi que des équipements culturels. Sa livraison st prévue pour fin 2014.

La double tour mixte Hermitage plaza, de l'architecte Norman FosterLa double tour mixte Hermitage Plaza, de l’architecte Norman Foster

Patrick Devedjian, directeur de l’Epad (Etablissement public d’aménagement de La Défense) a tenu à remercier l’architecte « d’avoir eu l’élégance d’arrêter ses tours à trois cent vingt trois mètre de hauteur,  soit un mètre en dessous de la tour Eiffel »



Minarets

Le minaret est un élément architectural des mosquées. Il s’agit généralement d’une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Comme les clochers des églises, son but est d’appeler les fidèles à la prière et de localiser le lieu de culte dans la ville, en en faisant un bâtiment remarquable, identifiable par sa symbolique. Le terme « minaret » vient d’ailleurs de l’arabe منارة (manāra) « phare ». Il est important de souligner que son but est symbolique et que sa présence n’est pas indispensable. Il n’y a en effet, pas d’évocation de ce symbole dans le Coran, et son apparition architectural remonte à la fin du premier siècle de l’hégire (VIIeme siècle).

Cet élément architectural peut-il s’insérer dans des paysages occidentaux?

dessin de mix & remix

Le minaret est un élément architectural des mosquées. Il s’agit généralement d’une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Comme les clochers des églises, son but est d’appeler les fidèles à la prière et de localiser le lieu de culte dans la ville, en en faisant un bâtiment remarquable, identifiable par sa symbolique. Le terme « minaret » vient d’ailleurs de l’arabe منارة (manāra) « phare ». Il est important de souligner que son but est symbolique et que sa présence n’est pas indispensable. Il n’y a en effet, pas d’évocation de ce symbole dans le Coran, et son apparition architectural remonte à la fin du premier siècle de l’hégire (VIIeme siècle).

Cet élément architectural peut-il s’insérer dans des paysages occidentaux?

En 2007, la Suisse a fait face à cette question lorsque certains partis politiques se sont mobilisés contre l’édification de trois minarets, à Wangen bei Olten, à Langenthal et à Wil (Saint-Gall). Alors que l’église, par le biais de l’évêque de Bâle, Kurt Koch, juge que la construction de minarets ne pose aucun problème, les arguments invoqués par ces hommes politiques sont sur la symbolique de l’objet architectural. En effet, elle représente à leurs yeux un élément de conquête islamique, de domination et un instrument pour les intégristes religieux. Ainsi on remarque alors que ce n’est pas l’existence même de la communauté religieuse qui est mis en cause, elle est tolérée (se référer à la définition exacte de ce terme), mais son élévation, sa distinction dans le tissu urbain, comme un phare, la revendication de son existence qu’elle soit visuelle ou auditive (la tour servant en effet au muezzin à appeler les fidèles à la prière).

Mais voilà, la Suisse compte déjà deux mosquées avec minarets sur son territoire, une à la mosquée de Zurich, l’autre à la mosquée de Genève, inaugurée réciproquement en 1963 et 1978. Il n’y eu alors aucun problème a relater, leurs existences ne semble pas avoir suscité de débat à l’époque. Ces réticences, actuelles, sont donc le résultat d’une période post-11 septembre, avec une confusion et une ignorance, donc une peur, sur cette religion. Et si la forme élancée de la tour rappelle à une dame interviewé la forme d’une fusée, certain parti de droite irons même jusqu’à tenter d’inscrire dans la constitution que «La construction de minarets est interdite». Plus qu’un problème d’identité culturelle ou d’esthétisme urbaine il s’agit simplement d’obscurantisme et de méconnaissance de la religion. Il est a noter que l’Italie, à Genève, à fait face à ce même genre de problème.

En savoir plus:
http://infrarouge.tsr.ch/ir/227-minarets
http://www.minarets.ch/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Minaret_de_la_discorde
http://www.islamisation.fr/archive/2008/07/31/italie-genes-le-minaret-de-la-discorde.html
Dessin de Mix & Remix



La Tour sans fin, Jean Nouvel
La Tour sans fin, projet de Jean Nouvel

La Tour sans fin, projet de Jean Nouvel

Extrait d’un article tiré de La Tour sans fins, les vertus de l’inhabitude de Béatrice Houzelle et Marie-Christine Loriers in Technique et Architecture, n°398, octobre/novembre 1991. Cet extrait décrit le projet non-réalisé de la Tour sans fin prévu pour être construit dans le quartier de la Défense.

« La tour commence dans un cratère, un trou noir, en granit. Vous ne savez absolument pas d’où elle part, à la manière d’un pieu planté dans le sol. Elle n’a pas de socle. La lecture absolue du sol naturel est sauvegardée: les trains, les voitures passent très près gardant ainsi lisible le niveau de référence. Dans ce sol retrouvé se trouve le cratère de minéral sombre, le fond à vingt-cinq mètres plus bas. Une tour en jaillit, elle aussi de granit noir. La limite est difficilement perceptible, elle se dérobe au regard, sa perception change : ce granit noir est mal équarri lorsqu’il émerge du sol, puis un peu adouci, un peu plus mat, et satiné brillant, éclatant…jusqu’à se terminer par un cylindre en verre, transparent, sans plancher, constitué de structures chromées très légères, de câbles et de verre, au filtre duquel on peut lire le ciel. Il faut avoir une vue bien aiguisée pour en distinguer la fin, là-haut, surtout avec la luminosité ambiante générale à Paris. »



Non-lieu à la verticale

A propos de l’article « Xénakis: l’utopie de la verticalité » in Utopiques: jeux d’espaces de Louis Marin paru aux Éditions de Minuit en 1973. Ce texte est le développement d’un article paru dans le numéro que l’Arc a consacré à Xénakisen novembre 1972.Cet article étudie les caractéristiques de la ville décrite par Iannis Xénakis dans « la Ville cosmique » , paru en 1965 dans l’ouvrage Urbanisme, utopies et réalités de Françoise Choay.

« L’esquisse du théorème de 1909 énonce le postulat du gratte-ciel de Manathan conçu comme formule utopique permettant la création illimité de sites vierges sur un même emplacement urbain » (article « Alibis » NYD p 87). A Manathan, l’introduction du gratte-ciel change le rapport au lieu. La surface au sol n’est plus une entrave au développement de la ville. On peut alors s’interroger sur la valeur utopique de la négation du site dans l’urbanisme.

Dans la pensée de Xénakis, la ville utopique est la traduction directe de la structure sémantique du mot « U-topie » : le non-lieu . Ce qui ne signifie pas l’irréel ou l’imaginaire mais bien l’indétermination du lieu, de l’espace. Dans le processus d’élaboration de sa « Ville Cosmique Verticale » , l’ idée de Xénakis n’est pas tant d’introduire la 3ème dimension dans la pensée architecturale et urbanistique, mais plutôt de disjoindre le sol et la ville, de faire entrer la ville dans un état « d’indépendance par rapport à la surface et au paysage ». A Manathan par exemple, les gratte-ciel plus ou moins hauts font disparaître la rigueur du plan. Autrement dit l’acte au fondement de la ville est l’acte « u-topique », c’est à dire le non à l’espace entendu comme surface et plan.

Pour Xénakis, « l’architecture n’est pas une manifestation vraiment spatiale .Elle est fondée sur deux dimensions ; elle est essentiellement plane ». La troisième dimension ne s’obtiendrait que par « translation parallèle suivant la direction du fil à plomb ». Koolhaas écrit que du fait de l’exiguïté du territoire, « Manathan n’a pas d’autre choix que de projeter en direction du ciel la trame elle-même ». Chaque parcelle va se multiplier à l’infini et la surface au sol n’aura alors plus d’importance.Ainsi faire de la verticalité un élément volumétrique nouveau c’est faire basculer la réalité urbaine et architecturale dans l’u-topie .

On peut alors se poser la question de l’identité d’une ville ainsi isolée du sol et du paysage. La ville devient transposable partout dans le monde, elle devient une réalité universelle. Les déplacements aussi sont standardisés dans le sens où les circulations se font verticalement et ne suivent pas les déformations et accidents du terrain, elles sont toutes les mêmes dans tous les pays. En cela est-elle utopique?De plus la verticalité change la valeur, la densité et l’accessibilité d’un terrain en modifiant la superficie de la zone habitable.  Mais la négation de l’histoire et de la topographie du lieu, la perte de son identité peut aussi être apparaître comme allant à l’encontre d’un idéal. L‘utopie est un phénomène d’uniformisation des cultures ou au contraire si elle permet leur expression et leur mélange?



It’s hard to be down when you’re up (affiche au 100e étage du World Trade Centre)

Dans le chapitre « l’annexion de la Tour » de NYD (p. 91), Koolhaas introduit la dimension du panorama qu’offrent les tours avec l’observatoire de Latting qui, en 1853, permet une vision d’ensemble de Manhattan. La construction en hauteur rendue possible avec les progrès techniques permet de réaliser un fantasme dont nous parle De Certeau dans le chapitre « Marche dans la ville » de L’invention du quotidien, arts de faire de Michel de Certeau in Folio essais, Gallimard, 1990.

L’article « Marche dans la ville » s’ouvre sur trois pages où l’auteur décrit sa vision de Manhattan depuis le 110e étage du World Trade Centre. La ville pour lui est comme un texte, une écriture qu’il faut déchiffrer. La vision panoramique depuis le sommet des gratte-ciels en permet la lecture et répond au fantasme de voir l’ensemble, comme appréhender un instant le cosmos. Cette impression d’embrasser la totalité lorsque toute la ville est à portée d’œil renvoie à la fiction du savoir, d’avoir le regard totalisant de Dieu. De même comme le corps est soustrait de l’emprise de la rue et de sa nervosité, le spectateur acquiert d’autant plus ce statut de visionnaire car il peut mettre la ville à distance.

Or ce fantasme est plus ancien à en croire les peintures médiévales et renaissantes qui présentent la ville en perspective cavalière comme sous le regard de Dieu. Est ce que cette vision panoptique de la ville permise par les progrès techniques avec les gratte-ciels reste toujours utopique? Pour l’auteur la hauteur transforme la complexité de la ville en lisibilité. Mais cela reste une représentation, une illusion théorique. En effet, les pratiques habitées de la ville ne peuvent pas être appréhendées par un regard détaché. Par un travail d’analyse en contact avec ces pratiques De Certeau entend comprendre ces pratiques.

Préhistoire de New York: désir d'une vision d'ensemble

Préhistoire de New York: désir d'une vision d'ensemble



La hauteur, un fantasme ancestral : la Tour de Babel

Bien que le gigantisme architectural s’inscrive dans les quatre premières décennies du XXe siècle (dont le gratte-ciel fait partie), la question de la hauteur semble nous fasciner depuis des siècles.

 

Pourquoi vouloir construire encore plus haut ? Quelle est l’origine de la Tour ?

 

Si l’on en croit la légende de la Tour de Babel, ce fantasme de construire toujours plus haut perdure. Dans La tour de Babel, Jacques Vicari s’interroge sur l’origine de cette Tour. Aucuns documents prouvent clairement ce que l’homme pu bâtir environ deux milles ans avant Jésus Christ. Cependant, il resterait à Babylone une trace de son existence : le négatif imprimé au sol.

Dans cet ouvrage, l’auteur nous parle l’origine de la Tour en trois parties : sa forme, sa fonction et le mythe qui l’accompagne. L’auteur retrace son histoire, et voici quelques hypothèses :

 

La forme :

Quelques exemples de représentations antiques des tours

représentations antiques de Tours

représentations antiques de Tours

 

La fonction (origines):

           Les Babyloniens ont une représentation particulière du monde. L’axe mundi traverse un point culminant. La mer et la terre est une limite peu épaisse entre deux mondes : les cieux et les enfers. Naturellement, les Hommes craignent le monde du dessous et cherchent à approcher celui des cieux.

           Selon le paléoethnologue Emmanuel Anati, un personnage tel qu’un esprit ancestral serait commun à toutes les cultures (de l’extrême orient à l’extrême occident) : il est capable de faire renaitre la vie après un cataclysme : un déluge, un hiver interminable…  Par exemple, l’histoire de Noé qui s’échoue au sommet de Mont Ararat : loin de la catastrophe symboliquement également. Les Hommes sont en quête de l’éternité et entretiennent la mémoire du déluge. Se placer en hauteur par rapport au déluge a donc permis à l’espèce humaine de survivre au déluge, provoqué par Dieu, père tout puissant (cf. la Bible).

           Le Temple est une montagne symbolique, il est un instrument de penser de transfiguration. « Du IXe jusqu’au XVe siècle, quand l’Islam établit sa prééminence, les pèlerins ont fait successivement le tour, dans le ses des aiguilles d’une montre, des cinq terrasses carrées surmontées de trois terrasses circulaires avant d’arriver au sommet. Ils partaient de la sphère des désirs pour arriver, en méditant et chantant, à la sphère du détachement enfin libérés du cycle sans fin des renaissances successives. » La hauteur exprime une ascension vers la libération de l’esprit, un état supérieur par un franchissement graduel. Parfois même, le sommet s’opère par concentration du regard sur un dessin où une image mentale. La tour permettrait donc l’ascension rituelle de l’esprit.

La fonction de la Tour reste très controversée : observatoire ? Tombeau ? Demeure des Dieux ?

représentation babylonienne du monde

représentation babylonienne du monde

 

Le mythe :

La Tour de Babel selon la bible, est une tour construite par les Hommes pour atteindre les cieux. Ces Hommes parlaient tous la même langue, car descendant d’un même homme : Noé. Cependant, Dieu n’approuvait pas leur orgueil et décida de faire en sorte que tous les hommes ne se comprennent plus. La Tour ne fût pas achevée, car ils ne se comprenaient plus.

«  L’une des thèses d’après Babel est que le langage est doué d’une capacité de conceptualiser le monde de cette puissance constructrice a été décisive pour la survie de l’Homme face à des contraintes biologiques inéluctables, c’est-à-dire face à la mort. C’est la miraculeuse (ce mot ne me fait pas peur) capacité des grammaires à engendrer des propositions contrefactuelles « et si… » et surtout des temps futurs qui a donné à notre espèce les moyens d’espérer, d’aller au-delà de l’extinction de l’espèce. Nous durons, nous durons créativement en raison de notre impérative capacité de dire « non à la réalité », de bâtir des fictions d’altérité, d’un « autre » rêvé, voulu ou attendu où puisse habiter notre conscience. C’est en ce sens précis que l’utopique et le messianique sont des figures syntaxiques. »

Dans ce cas, la forme de la tour assure une nouvelle fonction, celle de visualiser un mythe : celui d’une volonté de s’approcher de Dieu, d’atteindre le ciel.

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L’origine de la Tour remonte bien avant la naissance de Jésus Christ. Elle assure une fonction originelle et une fonction rituelle.