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Non-lieu à la verticale

A propos de l’article « Xénakis: l’utopie de la verticalité » in Utopiques: jeux d’espaces de Louis Marin paru aux Éditions de Minuit en 1973. Ce texte est le développement d’un article paru dans le numéro que l’Arc a consacré à Xénakisen novembre 1972.Cet article étudie les caractéristiques de la ville décrite par Iannis Xénakis dans « la Ville cosmique » , paru en 1965 dans l’ouvrage Urbanisme, utopies et réalités de Françoise Choay.

« L’esquisse du théorème de 1909 énonce le postulat du gratte-ciel de Manathan conçu comme formule utopique permettant la création illimité de sites vierges sur un même emplacement urbain » (article « Alibis » NYD p 87). A Manathan, l’introduction du gratte-ciel change le rapport au lieu. La surface au sol n’est plus une entrave au développement de la ville. On peut alors s’interroger sur la valeur utopique de la négation du site dans l’urbanisme.

Dans la pensée de Xénakis, la ville utopique est la traduction directe de la structure sémantique du mot « U-topie » : le non-lieu . Ce qui ne signifie pas l’irréel ou l’imaginaire mais bien l’indétermination du lieu, de l’espace. Dans le processus d’élaboration de sa « Ville Cosmique Verticale » , l’ idée de Xénakis n’est pas tant d’introduire la 3ème dimension dans la pensée architecturale et urbanistique, mais plutôt de disjoindre le sol et la ville, de faire entrer la ville dans un état « d’indépendance par rapport à la surface et au paysage ». A Manathan par exemple, les gratte-ciel plus ou moins hauts font disparaître la rigueur du plan. Autrement dit l’acte au fondement de la ville est l’acte « u-topique », c’est à dire le non à l’espace entendu comme surface et plan.

Pour Xénakis, « l’architecture n’est pas une manifestation vraiment spatiale .Elle est fondée sur deux dimensions ; elle est essentiellement plane ». La troisième dimension ne s’obtiendrait que par « translation parallèle suivant la direction du fil à plomb ». Koolhaas écrit que du fait de l’exiguïté du territoire, « Manathan n’a pas d’autre choix que de projeter en direction du ciel la trame elle-même ». Chaque parcelle va se multiplier à l’infini et la surface au sol n’aura alors plus d’importance.Ainsi faire de la verticalité un élément volumétrique nouveau c’est faire basculer la réalité urbaine et architecturale dans l’u-topie .

On peut alors se poser la question de l’identité d’une ville ainsi isolée du sol et du paysage. La ville devient transposable partout dans le monde, elle devient une réalité universelle. Les déplacements aussi sont standardisés dans le sens où les circulations se font verticalement et ne suivent pas les déformations et accidents du terrain, elles sont toutes les mêmes dans tous les pays. En cela est-elle utopique?De plus la verticalité change la valeur, la densité et l’accessibilité d’un terrain en modifiant la superficie de la zone habitable.  Mais la négation de l’histoire et de la topographie du lieu, la perte de son identité peut aussi être apparaître comme allant à l’encontre d’un idéal. L‘utopie est un phénomène d’uniformisation des cultures ou au contraire si elle permet leur expression et leur mélange?

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