T4deliriousny’s Blog – Groupe12


Sommaire
mai 25, 2009, 12:22
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La course à la hauteur : une spéculation entre fantasmes et innovations techniques

     1)  L’aspect utopique de la conquete des cieux

     2) Rencontre de la technique et du fantasme

Bilan: le prolongement de fin de parcours

  3) Symbolique et concurrence

Hyperbuilding



Hyperbuilding
mai 24, 2009, 2:59
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Au sujet de l’Hyperbuilding, projet de l’OMA, Bangkok, Thailande, 1996.

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(Comment se retrouve la pensée de NYD dans un projet imaginé par l’OMA ?)

Ce projet de building a tout de suite retenu notre attention dans le sens où il dialogue avec le paradoxe qui nous intéressait au départ. Une charge de délire et d’extravagance transparaît de ces vues en perspective alors que le discours et la conception semble complètement pragmatique. Avec le schéma, qui propose un positionnement critique par rapport à l’urbanisme actuel, Rem Koolhaas justifie rationnellement la raison d’être de cette tour et son contenu utopique. On assiste là à une démarche qui se rapproche beaucoup de la méthode paranoïaque critique soutenant une théorie irrationnelle et délirante sous des principes pragmatique. Cette idée sous jacente à tout notre travail sur l’utopie et la technique prend corps dans le travail d’architecte de Koolhaas.

Dans cet édifice délirant, qu’est ce qu’il se propose de faire ? Le projet consiste à créer un bâtiment hors de la ville sur un terrain vierge qui propose une hyper concentration des programmes reliées entre eux par des connections verticales (ascenseur) et transversal (téléphérique).

La simple description de cet Hyperbuilding réinterprète des thèmes largement développés dans NYD et approfondis par notre travail de blog.

UTOPIE

La Tour se place comme une « utopie » avec l’idée de création d’une ville dans la ville, composée de différentes entités indépendantes, de mondes différents qui se superposent pour former un tout.

MONUMENT

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L’implantation du projet, très particulière puisqu’en dehors du centre ville (où l’on retrouve de nombreuses tours), reprend la thématique de la monumentalité. Elle se dresse dans la ville comme repère et comme une exception. Elle ne fait pas partie des tours de Bangkok mais est un monument à part entière, un futur symbole de la ville qui doit apporter de l’attractivité. La question de l’architecture comme étant symbole d’elle-même et devant dynamiser ville est énoncée ici.

DENSITE

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Enfin le dernier point important et qui est à relier directement avec Manhattan et sa culture de la congestion est le jeu de circulation que l’on retrouve au niveau du building. En effet, l’expansion de la ville sur le plan horizontal devient verticale, le bâtiment apparaît comme une extension de la ville qui se développe alors en hauteur et se densifie au lieu de s’étendre horizontalement.

RESEAUX ?

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Finalement, nous allons refermer le travail de ce blog sur une question que nous n’avons pas réellement abordée et qui est importante dans ce travail, c’est la question des réseaux et du rapport à la ville. Dans ce building, Koolhaas dans une référence aux constructivistes russes, propose une théâtralité des flux. Est-ce finalement une démarche critique ? Nous dit t-il que la Tour doit se soustraire du tissu urbain pour assumer son statut d’utopie et susciter l’attractivité ? Comment se crée l’interconnexion entre une tour d’1 km et un tissu urbain ? Il propose une position critique : la tour doit se soustraire des autres réseaux de la ville et créer les siens propres.



« Quel étage? »

Il semble difficile d’évoquer la tour et les gratte-ciels sans parler de l’ascenseur. Sans l’ascenseur, New York n’aurait certainement pas existé sous l’image que l’on lui connait. Alors que certains monte-charge à vapeur, pour les mines, remonte au XIXe siècle, il faudra attendre 1857 pour voir le premier ascenseur s’installer, à New York, grâce à Elisha Otis . Le terme « ascenseur » revient cependant à un Français, Léon Edoux, qui inventa aussi le système hydraulique.

Schéma de lascenseur dOtis Schéma de l’ascenseur d’Otis

– L’un des principal problèmes posé quand il est question d’utopie de tour-ville est la capacité de transport entre les étages des habitants. En effet, il n’y a qu’une cabine par ascenseur. Ce problème de rendement ne date pas d’hier et fut à la naissance des paternosters, ou ascenseur perpétuel. Ces engins sont composés d’un chapelet (d’où le nom) de cabine se succédant et effectuant un mouvement perpétuel. Inventé en Angleterre, répandu dans une grande partie de l’Europe de l’est, ce procédé s’est vu disparaître avec l’augmentation de la vitesse des ascenseurs. Cependant, certain sont conservés en tant que monument historique.

Plus d’info

– Alors que la plupart du temps, l’ascenseur sert le bâtiment, il existe des bâtiments qui n’existe que pour servir un ascenseur. C’est le cas par exemple à Lisbonne. L’ascenseur de Santa Justa permet de relier la Baixa (ville basse) au Bairro Alto. Il constitue l’une des principales attractions touristiques. D’une hauteur de 45 mètres, il est serti d’une tour de fer, décoré dans un style néogothique avec des motifs différents à chaque pallier. Ainsi cette tour n’existe que pour l’ascenseur. (voir ci contre).

Plus d’info

– On peut aussi parler de l’ascenseur spatial. Projet futuriste, relevant (encore) de la science fiction, il s’est vu pris au sérieux par la NASA avec dans les années 1990 l’invention des nanotubes de carbone, permettant ainsi de créer une matière suffisamment solide pour supporter la cabine a plus de 36000 kilomètres au-dessus du sol. Ce concept ne date pas d’hier, car il fut inventé par l’astronome Constantin Tsiolkovski qui pensa à une tour, « comparable à la tour Eiffel », de plus de 36000 kilomètres de haut…

Cette conquête, aujourd’hui fantasmagorique, est comparé a celle des chemins de fer que l’on pensait, il n’y a que deux siècles, totalement irréalisable. Ce chemin de Carbone, vertical, serait l’aboutissement, et le dépassement, du fantasme de la tour de Babel: crever le ciel et atteindre les étoiles.

Plus d’info

Concept de la NASA
Concept de la NASA


Tours, la folie des hauteurs
mai 17, 2009, 2:11
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A propos de l’interview de Thierry Paquot et de Bertrand Lemoine dans « La tête au carré », émission proposée par France Inter le 5mai 2009.

L’apparition du premier gratte-ciel est liée à des innovations techniques au niveau de la structure( ossature métallique), de la circulation( ascenseur), de la communication(téléphone qui permet de communiquer avec les autres à distance et donc de pouvoir rester sur place ,la distance n’est plus un problème). Mais le gratte-ciel apparait aussi avec le capitalisme. Elle est là pour manifester une puissance économique. A Chicago dans les années 1880, la tour est le moyen de montrer que l’on est une grande puissance, de se montrer collectivement et individuellement.

Dans la tour il y a depuis le Moyen-âge l’idée d’indestructibilité (donjon, forteresse). Celle-ci  est envisagée comme un élément protecteur synonyme de puissance. Les grandes tours que nous connaissons actuellement donnent aussi cette impression de solidité même si elles font régulièrement l’objet de rénovations. Louis Kahn définit la tour comme « un  monument sans âge ». Cette dimension d’éternité est aussi présente dans le système capitaliste avec l’idée que la croissance économique ne peut que s’accroître. Avec le 11 septembre 2001, le regard a changé quand à cette indestructibilité et a entrainé un changement dans la façon de concevoir des architectes (redondance dans la structure afin que les forces soient redistribuées en cas de destruction d’un élément de la structure). Cependant cet incident n’a pas arrêté la production de tours qui au contraire semblent avoir proliféré, en particulier dans les nouveaux pays riches.

Il semblerait que la tour soit un instrument de rivalité avec les Etats-Unis. La Chine, les Emirats arabe unis, L’Indonésie semble vouloir par l’édification de tours de plus en plus nombreuses et de plus en plus hautes montrer qu’elles possèdent un capital économique important. Elles ont pour objectif, en prenant le symbole de la puissance américaine que sont les tours, d’être au premier rang de la puissance économique mondiale. Ces tours doivent se voir de loin, elles sont les symboles de la richesse du pays. A Kuala Lumpur les tours jumelles de la société Petronas (société pétrolière du nationale) ont été les premières à dépasser les tours de Chicago avec 450m de haut. Elles sont la représentation de la puissance du pays qui est basée sur l’exploitation de son pétrole.

Tours Petronas Tours Petronas

A Dubaï la hauteur de la tour qui est actuellement la plus haute au monde a été tenue secrète jusqu’au dernier moment de peur qu’il y ait une rivale. Cela montre bien la volonté de domination du monde et le désir de pouvoir qui transparait à travers la construction des tours.

Tour Burj DubaïTour Burj Dubaï

Enfin pour le Grand Paris le projet d’édification de nombreuses tours est une intention de montrer au monde que Paris est une grande métropole et quelle n’est pas seulement la ville romantique dont on a la vision.

 Projet de Tours pour le Grand ParisProjet de Tours pour le Grand Paris

Enfin même pour les architectes les tours sont un symbole de leur aptitude à être de bons architectes, symbole machiste puisque à part Zaha Hadid et quelques autres femmes, la construction de tours est particulière aux hommes.



Bigness

A propos de Bigness, ou le problème de la grande échelle, de Rem Koolhaas paru en 1994 dans le premier numéro de la revue Criticat.

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Il y a cent ans un ensemble d’avancées technologiques et conceptuelles (ascenseur, électricité, acier, climatisation) ont  entrainé un renouveau architectural en modifiant les distances, les circulations, en artificialisant les intérieurs et optimisant la conception. Cela a conduit à l’apparition d’une nouvelle espèce d’architecture plus haute et plus profonde (plus grosse= bigger). Initialement construite dans une optique purement quantitative, la Bigness  est restée pendant près d’un siècle sans penseur.

New York Délire en contenait une théorie cachée basée sur cinq théorèmes :

1)       Au-delà d’une certaine masse critique, le bâtiment ne peut plus être contrôlé, ce qui déclenche une autonomie de ses parties qui restent cependant soumises au tout. Le gratte-ciel n’est plus une entité mais un ensemble de particules fonctionnelles. La Bigness organise à la fois leur indépendance et leur interdépendance.

2)       L’ascenseur,  par sa capacité à établir des connections mécaniques plutôt qu’architecturales, a permis de dépasser les problèmes de composition, d’échelle et de proportion en architecture: il n’y a plus d’art de l’architecture.

3)       La distance noyau/enveloppe du bâtiment augmente et entraîne une dissociation entre la façade et l’intérieur du bâtiment.

4)       Par leur taille ces bâtiments entrent dans un domaine extérieur au qualitatif. C’est-à-dire que leur impact est indépendant de la notion de bien ou de mal. Leur perception n’est pas inscrite dans la réalité collective et ne peut alors pas être évaluée suivant ces critères.

5)       La Bigness n’appartient pas au tissu urbain «  son message implicite est « nique le contexte »( Its subtext is fuck context) ». Elle est incapable d’établir des relations avec la ville, elle est sa propre raison d’être.

Rem Koolhaas résume ainsi la Bigness : architecture vs urbanisme. La taille des objets architecturaux les fait rentrer dans le domaine de l’urbanisme,  avec notamment la connexion de domaines particuliers en un système. Mais dans un même temps la Bigness est un objet architectural qui n’existe pas par rapport à la ville et ne s’insère pas dans la ville.



La Tour est-elle un monument ?

A propos de l’extrait La Tour Eiffel publié par R. Barthes chez Delpire Editeur, 1964. Le chapitre « automunument » de NYD (p. 100) avance l’idée que la Tour s’impose comme monument alors qu’elle n’est l’image que d’elle-même. Le texte de R. Barthes va nous aider à approfondir la question du symbole et du caractère monumental de la Tour.


En effet, la Tour est un acte de rupture très violent avec les conventions symboliques. Dômes, clochers, arcs renvoient à un sacré historique. Avec la Tour Eiffel c’est la désacralisation du temps passé qui est en jeu. La Tour, profane, devient le symbole de la modernité, le symbole du présent qui dit non au passé.


La Tour représente le symbole de l’ascension ; l’idée de la hauteur en soi. Elle est la conjugaison d’un concept et d’une sensation (respiration, grand air). L’image de la hauteur rencontre l’image de l’aérien. Le rapprochement du ciel convoque l’image du sublime.


L’aérien, pour la Tour Eiffel, a pour substance la légèreté. Le vide de son maillage d’acier et son rapport au sol, comme posée sur un socle, échange avec l’imaginaire de l’aérien.

La Tour Eiffel est pour Barthes avant tout un spectacle infini. Elle forme un signe pur. Elle n’est pas l’objet d’un seul symbole, d’un seul sens mais est le support d’un imaginaire infini. Cette dernière idée rejoint la pensée de Koolhaas au sujet des gratte-ciels. « Cette catégorie de monuments (les gratte-ciels) est vide et ouverte à toutes significations » (p.100)

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Roland Barthes et la Tour Eiffel: signe pur; elle est ce que l’Homme veut mettre en elle.



Bilan: le prolongement de fin de parcours
mai 17, 2009, 8:13
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Un résumé des articles postés nous à permis de nous rendre compte que nous nous sommes beaucoup étendus sur le sujet du fantasme de la conquête des cieux, avec notamment l’article sur la Tour de Babel, qui témoigne du caractère ancestrale de cette utopie, sur l’illusion d’une vision créatrice avec le panorama des Tours, où encore sur l’utopie de la grande échelle, avec l’article : « Gratte-ciel et jeux de l’oie » ou encore de Buckminster Fuller.

D’autres textes abordent la question de la technique, qui permet la réalisation de ce fantasme de la grande hauteur. Ainsi la description des techniques de construction des gratte-ciels, la question de l’accident et le travail de Buckminster Fuller ont fait l’objet d’articles.

Or, Koolhaas, dans NYD, avance l’idée polémique que la construction des gratte-ciels comme concrétisation du fantasme de la hauteur et de la grande échelle, n’est pas l’œuvre des architectes mais celle des promoteurs et des producteurs de spectacle. Le capitaliste l’emporte sur le modèle humaniste des architectes.

Nous aborderons donc dans les articles suivant, la question de la symbolique et de la concurrence que peut incarner la Tour, à travers divers exemples. Par ailleurs nous continuerons à poster des articles qui se rattachent au domaine plus large de l’utopie et de la technique au sujet de la grande échelle.

Résumé des articles postés :

  • La conquête des cieux : un fantasme sans cesse renouvelé

        • Gratte-ciel et jeux de l’oie

        • La hauteur, un fantasme ancestral : la Tour de Babel

        • It’s hard to be down when you’re up

        • Non-lieu à le vertical

  • Les avancées technologiques : l’aspect technique au service de l’imaginaire

        • Techniques et accidents

        • Buckminster Fuller et le rapport technique utopie

        • Les gratte-ciel : des tours toujours plus hautes !

  • La représentation de la puissance : un enjeu politique, économique et symbolique

        • Le gratte-ciel en tant que représentation sociale

        • Minarets